POUSSIÈRES D’OCTOBRE

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« Que le vent, les brumes satinées de l’aube, la traînée mordorée des saisons. » Christian Bobin —- L’eau des miroirs

Niché entre quatre temps de silence le vent colporte des nouvelles venues de loin, de l’autre bout du monde — à l’envers des nuages.  Impassible il cherche quelque nouveau présage pour l’apaiser, le mettre à l’abri des tourmentes marquées de noir indélébile. Un mot. Une prophétie. Un poème. Voir quelques strophes à main levée. Peine perdue. Précipités des ombres barbares, les regards restent de marbre, prostrés dans une profonde indifférence.

Fragment après fragment le jour se hasarde dans la torpeur de nuit d’encre. De bonne foi il porte en son sein la coquille vide des marcheurs de Compostelle à la poursuite d’invisibles désirs charnels. Au creux des sentiers abandonnés les soubresauts de leurs âmes giflées par l’exubérance des frondaisons. Décelé par un bruit de pas furtifs, l’amour, tressé d’épineux, y vient flâner au hasard des rencontres. Juste le ciel qui puisse réconcilier folles  promesses glissées entre les pages de l’existence. Moissons picorées au gré de la contemplation, rare et fugitive, de l’inconnu. 

Charnelles, les aubes s’enivrent de fragrances de rosée du petit matin. Premières brumes soyeuses déposée à intervalles irréguliers par la malice d’un ange dévoyé des bonnes grâces. À ces heures d’insomnie quelques brindilles de lueurs rodent aux alentours du jardin clos, bien plus sans dessus dessous que celui d’Éden que seule trahit sa respiration. Curieux fouillis d’herbes sèches au sortir des feux follets d’un été décousu prompt à l’accablement de la fournaise du ciel — les jours aux aguets de quelconque issue de secours. Tremplin vers l’oraison d’une oasis de nature salvatrice où s’abandonner en toute quiétude. Il n’y aura bientôt plus que deux seules saisons précipitées dans la brèche des temps. Passage de l’une à l’autre, infime, invisible.

Palpitant de lumière dérobée, l’enthousiasme de la splendeur d’orient accroché au rebord de la fenêtre. Peu à peu, sans vergogne les arbres se dépouillent de leurs oripeaux d’ombrage. À travers les ramures dégarnies le vent, roulé en boule, joue à chat perché avec les reflets de clarté. Enluminures de poussières d’or. Poésie d’Octobre.

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