FORCE D’ÂME

 » À l’avenir, laisse venir, laisse le vent du soir décider.  » Alain Bashung

Peut-être bien d’ici

pourquoi pas d’ailleurs.

Venu d’on ne sait où

il vient, il vague, ça et là

trois petits tours, puis s’en va.

  ** ***

Impassible, imprévisible

d’humeur souvent cavalière,

déployant mille trésors de malice,

des quatre points cardinaux

flux et reflux à tue-tête.

     *****

Noir ou blanc, Ying et Yang,

colporteur de potins et d’ondées,

au gré de ses caprices éthérés

le long des jours de traîne

il bouscule l’entendement.

 ******

Effaroucheur d’atmosphère

peu à peu il déboussole les esprits,

des places de marché

aux petites ruelles pavées

les anciens prétendent qu’il rend fou.

 *****

Sur son passage aucun répit

il balaie les alentours

jusqu’à faire les yeux doux 

aux ailes des géants perchés

au plus près des hauteurs.

 *****

Jouant la fille de l’air

il chavire les parapluies d’octobre,

sans pudeur aucune

retrousse les jupes des filles

fend la bise de leurs joues pourprées.

 *****

Gonflé d’orgueil il va bon train

à la poursuite de bagatelles

courbant l’échine des futaies

vacillant les épis de blé

enflant les voiles des gréements.

 *****

À lui seul, sous la voûte du ciel

divinité du mythe d’Éole

maître oublié des vents,

libre comme l’air

de quoi rêve l’Autan?

*****