FORCE D’ÂME

» À l’avenir, laisse venir, laisse le vent du soir décider. » Alain Bashung
pourquoi pas d’ailleurs.
Venu d’on ne sait où
il vient, il vague, ça et là
trois petits tours, puis s’en va.
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Impassible, imprévisible
d’humeur souvent cavalière,
déployant mille trésors de malice,
des quatre points cardinaux
flux et reflux à tue-tête.
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Noir ou blanc, Ying et Yang,
colporteur de potins et d’ondées,
au gré de ses caprices éthérés
le long des jours de traîne
il bouscule l’entendement.
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Effaroucheur d’atmosphère
peu à peu il déboussole les esprits,
des places de marché
aux petites ruelles pavées
les anciens prétendent qu’il rend fou.
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Sur son passage aucun répit
il balaie les alentours
jusqu’à faire les yeux doux
aux ailes des géants perchés
au plus près des hauteurs.
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Jouant la fille de l’air
il chavire les parapluies d’octobre,
sans pudeur aucune
retrousse les jupes des filles
fend la bise de leurs joues pourprées.
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Gonflé d’orgueil il va bon train
à la poursuite de bagatelles
courbant l’échine des futaies
vacillant les épis de blé
enflant les voiles des gréements.
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À lui seul, sous la voûte du ciel
divinité du mythe d’Éole
maître oublié des vents,
libre comme l’air
de quoi rêve l’Autan?
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