TEMPUS FUGIT

Publié par Vent d'Autan le

L’Histoire est Immortalité. Plus près des Dieux, les hommes y cherchent une place de choix. Jeu sans équivoque de l’hubris du conquérant à tutoyer le royaume de l’Olympe.

Sombre démesure que cette farouche volonté de vouloir à tout prix s’incarner dans les pages de l’Histoire, celle avec un grand H. Quelle est donc cette folie passagère qui anime sans vergogne une poignée d’élites, éphémères papillons de nuit fascinés par les doux mirages de l’Immortalité?

L’Histoire est Immortalité. Plus près des Dieux, les hommes y cherchent une place de choix. Jeu sans équivoque de l’hubris du conquérant à tutoyer le royaume de l’Olympe. La finitude de l’homme est source de chagrins et d’angoisses, quelque part entre vertiges et vertus. Syndrome narcissique de la démesure.

Au bal des prétentieux, j’ai vu les dérapages incontrôlés des hommes s’exercer au grand écart entre ce qu’ils sont et ce qu’ils croient être. Reniant leur engagement, explorant le dépérissement des êtres et leur impétueux désir d’Éternité, luttant corps à corps avec la mort.

J’ai vu l’homme, misérable, miséreux et miséricordieux, à peine sorti de l’Ombre, en quête de Lumière.
J’ai vu l’intempérance de ceux qui s’investissent corps et âme à dévoyer leurs instincts les plus primaires.
Je les ai vus traverser le temps, auréolés de gloriole en guise de Gloire.

J’ai vu Narcisse se noyer dans son beau miroir.
J’ai vu Dionysos cracher dans un calice.
J’ai vu Héphaïstos forger l’éclair et la foudre Divine.
J’ai vu Zeus bousculer la folie passagère du Chaos.
J’ai vu les Métamorphoses d’Ovide s’incarner dans l’écho de l’Univers.
J’ai vu le fragment de toutes ces vies qui ne sont que traces passagères, aussi furtives que l’air du temps, balayées au fil du vent.

Tout le reste n’est plus que finitude.

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